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Tuesday, October 22nd, 2019

Seine-et-Marne : condamné à payer 735 000 dollars à la place d’un autre

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by July 31, 2017 General

Ibrahima, un habitant de Lagny-sur-Marne, s’est fait voler ses papiers et son identité. Grâce à cela, une entreprise a été montée à son nom sans qu’il y soit pour rien et la justice britannique lui réclame désormais une somme astronomique. Un cauchemar.

Le ciel lui est tombé sur la tête. Ce jour de septembre dernier, quand un huissier lui annonce qu’il va saisir son appartement s’il ne rembourse pas la bagatelle de 735 000 dollars (soit 625 000 euros), Ibrahima est assommé. L’histoire semble tellement folle que cet homme de 38 ans, autoentrepreneur au train de vie modeste, résidant à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), croit à «un canular».

Mais il ne s’agit pas d’une blague et Ibrahima risque bien la ruine. Pour tenter de s’en sortir, il a saisi la justice française et entend voir reconnaître d’urgence qu’il est victime d’une usurpation d’identité. «En novembre 2015, j’ai perdu mes papiers – on me les a plutôt volés -, et un mois plus tard, une société a été créée à mon nom à Londres.» De Londres, Ibrahima ne connaît pas grand-chose. Tout juste a-t-il gardé quelque souvenir de vacances au Royaume-Uni, chez son frère, en 1999. «Je n’y suis jamais retourné», assure-t-il dans le cabinet de son avocat, Me Antoine Lachenaud, en relatant cette affaire qui le mine depuis neuf mois.

L’entreprise a été victime de pirates informatiques 

L’huissier prêt à saisir son logement est mandaté par Swiss Singapore overseas, une société dont le siège social est installé aux Émirats Arabes Unis, et spécialisée dans le transport de fret partout dans le monde. L’entreprise a été victime de pirates informatiques qui ont détourné les 735 000 $ via la société Ibra, créée le 17 décembre 2015, au nom d’Ibrahima. Sans jamais convoquer l’intéressé pour l’interroger, la justice britannique l’a jugé et condamné avec une quinzaine d’autres hackers. Puis la procédure de recouvrement de l’argent détourné a été lancée et l’huissier français mandaté pour récupérer la somme astronomique auprès d’Ibrahima. Car évidemment, au 226 B Brownhill Road à Londres, il n’y a pas d’Ibrahima.

«Au début, je me suis débrouillé tout seul. D’abord, je n’ai pas compris que j’avais un mois pour contester ce qu’on me réclamait. J’ai cherché de l’aide mais c’était compliqué. J’ai appelé mon assistance juridique, le temps que ma demande soit validée, le délai était dépassé et ça m’a un peu plus enfoncé dans le cauchemar.» Entre-temps, Ibrahima avait déposé plainte au commissariat en espérant voir reconnaître la méprise. Mais quatre mois plus tard, le procureur de Meaux a classé la procédure «au motif que la personne qui a commis l’infraction dont vous avez été victime n’a pas été identifiée», écrit le parquet.

«Quelle surprise !», ironise Me Lachenaud, l’avocat qui a pris le dossier en main depuis quelques semaines. Pour essayer de sauver son client, Antoine Lachenaud a déposé une plainte fin mai. Ainsi, il contraint la justice d’entamer des investigations pour voir démontrer l’usurpation d’identité et mettre ainsi un terme à la procédure de saisie immobilière. Sans quoi, la machine infernale broiera son client.

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