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Saturday, September 21st, 2019

Toulouse. Si la compagnie Emirates ne passe pas commande, Airbus pourrait arrêter la production des A380

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by December 28, 2017 General

L’avenir de l’A380 est-il menacé ? C’est en tout cas ce qu’affirme l’agence de presse britannique Reuters : selon elle, en effet, l’avionneur étudierait actuellement plusieurs scénarios possibles afin de cesser progressivement la production du plus gros avion du monde, s‘il ne décroche pas une commande cruciale de la compagnie Emirates.

Dix ans après sa mise en service, qui a eu lieu en octobre 2007, le très gros porteur peine toujours à trouver son marché. Le défi technique d’avoir fait voler le plus grand avion civil du monde, avec plus de 500 sièges, ne s’est pas transformé en succès commercial. Et le superjumbo qui est assemblé à Toulouse peine à convaincre les compagnies aériennes qui lui préfèrent des bimoteurs plus petits et donc plus faciles à remplir et moins chers à entretenir. 

Des déboires en série

Ce programme aéronautique, s’il est bien né sur le plan aérodynamique, n’a fait qu’accumuler les déboires. Industriels d’abord avec des problèmes de câblage qui ont retardé de deux ans la livraison au premier client Singapore Airlines avec à la clef des surcoûts de plus de cinq milliards d’euros. Commerciaux ensuite puisque jamais Airbus n’atteindra son objectif initial de 1 200 commandes pour l’A380.

“S‘il n‘y a pas de commandes d‘Emirates, Airbus commencera le processus de l‘arrêt de la production d‘A380”, a déclaré mercredi à l’agence Reuters une source proche du projet. Cet arrêt, s’il se confirme, devrait être progressif, permettant à Airbus de produire les commandes actuelles qui proviennent principalement d‘Emirates. L’avionneur a en effet suffisamment de commandes pour continuer à produire l‘A380 au rythme actuel jusqu‘au début des années 2020.

Les négociations avec Emirates ont repris

Emirates croit cependant fermement à l‘A380 dont elle est de très loin le premier client. Mais les discussions entre Airbus et la compagnie aérienne du Golfe, concernant une nouvelle commande de 36 A380 pour 13,4 milliards d‘euros ont échoué au salon aéronautique de Dubai en novembre. Les négociations auraient repris mais rien ne laisse penser qu‘une signature de contrat soit imminente.

Même si des compagnies telles que British Airways ont manifesté leur intérêt pour l‘A380, Airbus hésiterait donc à maintenir des usines sans la certitude d‘une grosse commande d‘Emirates. La compagnie du Golfe, de son côté, voudrait pour sa part une garantie que l’avionneur maintiendra sa production pendant une décennie pour protéger son investissement.

La solution pour décongestionner les aéroports

Si les discussions débouchent, il y a une lueur d‘espoir pour l‘avion à deux étages que les compagnies rechercheront davantage face à la congestion des aéroports. Singapore Airlines, première compagnie à exploiter l‘A380 en 2007, a présenté ce mois-ci un réaménagement de sa cabine pour 714 millions d‘euros et s‘est montrée confiante dans l‘avenir du modèle. Air France a également prévu de rénover les cabines de ses dix A380 d‘ici 2020.

Airbus compte donc sur une commande d‘Emirates pour stabiliser sa production et disposer d‘un filet de sécurité avant de poursuivre toute campagne commerciale pour l‘A380 auprès d‘autres compagnies. A la fin novembre, Airbus affichait un carnet de commandes de 317 A380, dont 221 déjà livrés et 96 devant encore l’être. Sur la base des intentions ou des finances des compagnies, 47 de ces A380 ne seront probablement pas livrés, selon des sources industrielles, ce qui divise par deux le nombre d‘appareils en jeu. Airbus a besoin de vendre au moins 30 A380 supplémentaires pour maintenir ses lignes de production pendant dix ans, voir plus longtemps, afin de justifier les efforts sur les prix que tout nouvel acquéreur exigera probablement.

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